Holy night

Un pas en avant, la semelle s'enfonce dans le sable, le vent porte l'autre pied, le repose. Les chevilles s'alignent et le vent sec derrière moi est juste agréable. Bien qu'il pourrait souffler moins fort, ses mèches d'air lisses sifflent trop fort dans les oreilles lointaine et je n'ai pas besoin du vent pour porter mes pas, je n'ai pas besoin de mes yeux pour sentir la chaleur de l'astre nocturne à l'horizon, je sais que pour l'atteindre j'avancerai seul. De nuit je marcherai, le jour je disparaitrai.
Holy night
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# Posté le vendredi 06 novembre 2009 17:36

Le truc grand

Jaquette trinque dans sa chambre d'hôpital. A la santé et la guérison d'un des convive qui revient du bloc opératoire, un nouveau foie, ça s'arrose. La demoiselle s'est mise dans un sacré pétrin, si elle est dans cette chambre c'est parce qu'elle a abusé du gâteau aux vis pour le départ en retraite d'un menuisier, le métal fondu est mal passé dans le délicat estomac de la brunette. Mais ce n'est pas grave, Al le cancéreux, Jack le poète amputé et Fred-Sans-Foie l'aident à passer un bon séjour. C'est tout ce qui compte, le bonheur de cette jeune fille ne tient qu'à quelques détails glauques, autant la rendre heureuse pour de bon. Elle semble tellement fascinée quand je lui écrit une mouette morte à ses pieds, ses yeux brillent tant face à un charnier de corps calcinés. Alors continuons.

# Posté le dimanche 25 octobre 2009 16:00

T-Tag kommt zurück.

Réveil matin. Ma conscience me soulève les paupière, la gauche puis la droite. Ma vue s'ajuste sur la silhouette de PA qui est assis sur son lit. Il est 7h15 je m'en veux de m'être coucher aussi tard encore hier soir, j'aurais préféré me lever tôt. J'ai mal à la tête et aux yeux, j'ai tout le nerf optique enflammé, mon iris est un anneau enflammé encerclant ma pupille noire et froide. J'ai froid d'ailleurs, je n'ai pas pu m'endormir autrement que quasiment à poil. J'attrape mes habits du jours en évaluant en même temps leurs effets, je remarque en m'habillant que Yani a encore laissé la porte ouverte alors que je suis en train de foutre mon caleçon sous ma couette, ça m'énerve, 'pourrait pas penser à autre chose qu'à sa gueule. Oula encore une fois je m'énerve vite, je demande juste au plus proche de bien vouloir fermer cette porte.. Je vois les autres se presser et dans un élan de courage je me lève et fini de me préparer, ils sont totalement prêt pendant que j'étouffe mes fringues dans mon petit sac, disons que j'ai pas le temps de ranger. Je continue de me dire que Silvestre aurait pu tous nous réveiller plutôt que de se rendormir bêtement, mais je fous ça sur sa politesse, peut être n'ose-t-il pas nous sortir des bras de Morphée..
Arrivé dans le préau il fait un peu plus chaud, PA sort une petite réflexion du style "mon ½il bug" je me met à me demander pourquoi il veut le faire remarquer mais de bêtes superstitions reprennent le dessus sur mon esprit. Ce matin je me suis levé de mauvaise humeur, je sens les gens contre moi et en plus je me suis pris la honte en faisant tomber mon sac qui m'encombrait, me faisant à moitié tomber devant les quelques gens présents. C'est fixé aujourd'hui n'est pas mon jour. Je parle vite fais des cours qu'on aura avec PA et demande aux scientifiques ce qu'ils vont se taper comme cours par la même occasion en allant manger. Je dévale les escaliers qui mènent au self, je pense qu'en allant plus vite j'aurais moins froid, je ne pense plus qu'à ne pas me casser la gueule dans les marches de béton, je tremble de froid. Devant la machine je scrute les environs, jette un ½il partout, voir qui regarde qui, au final j'attire plus les regards en les sollicitant, je me sens observé. J'avance prend un couteau pour le pain, une cuillère pour touiller et un pain pour la confiotte. En passant devant les petites capsules de confiture je ne veut pas m'attarder, soit la chance est là soit elle est pas là j'invoque une force mystique au plus profond de moi et ne perd de temps qu'à observer à l'aveuglette quel petit pot retourné serait le plus susceptible de contenir de la gelé de groseille, j'en attrape un, bingo, groseille. Je chope un café et plein de sucre puis glisse plusieurs couches de serviettes en dessous de mon bol, par prévention.
Je mange en silence, parce que je mange et parce que je suis fatigué. La conversation est légère, tant mieux.
Pendant que je mange je regarde ceux qui passent devant moi, le défilé de ces personnes qui vont ranger leur plateaux, je les observent et vois comment ils me regardent, Estelle passe en plissant les yeux, d'autres amis ne font que m'adresser un bonjour de loin, je tente de regarder discrètement ceux que je connais moins mais nos regards finissent toujours par se croiser. Merde.
Maintenant qu'on a tous finit de manger, qu'on a tous attendu que le dernier d'entre nous finisse sa dernière bouchée je demande si on peut y aller, "oui" général, on se lève à l'unissons je me presse en espérant que personne ne soit devant, j'aime pas attendre bêtement, en plus derrière y'a je sais pas qui en train de presser son plateau dans mon dos, de peur d'être taché sans m'en rendre compte j'ai une soudaine envie de balancer le truc qui me touche dans la gueule de celui qui le tiens, je me retourne, c'est Patrick, calmons nous...
Arrivé dehors il fait encore froid et il faut attendre Silvestre qui revient l'air de rien après avoir naturellement laissé passé quatre opportunistes et tenu la porte à cinq autres. Dans le préau une foule est déjà en train de se parler, j'estime que les conversations ne sont pas très intéressantes, alors je m'assois et attend la sonnerie, j'essaie de trouver une place confortable, comme Manon, et au passage gratter un massage en plus j'ai vraiment trop froid, l'entendre dire que je suis chaud me donne l'impression de l'être assez pour ne pas sentir la fraicheur qui m'enveloppe.
Sonnerie, histoire, je ne me presse pas mais Pa me motive un minimum, en plus il m'attend, alors je me bouge et on va au premier étage où tout le monde attend. Je m'installe et observe comment les gens sont aujourd'hui pour tenter de m'adapter à l'humeur générale. Pauline et Agathe font encore chier alors que j'ai rien demandé, je tente de les emmerder autant. Dans la salle je me dépêche de m'assoir et de m'installer pour enfin savoir de quoi nous allons parler en histoire, savoir si ça va m'inspirer ou pas, j'ai très peur de ne pas avoir envie de dessiner ou d'écrire.

# Posté le samedi 24 octobre 2009 17:30

Modifié le samedi 24 octobre 2009 17:55

Projeté

Projeté
La substance coula dans mon verre. Dans une admirable prestation du serveur qui venait d'exécuter ma commande accompagné d'un sympathique "Voila pour le pianiste". Mes pensées se bousculaient dans ma tête bouillonnante de la fièvre apportée par l'alcool, seuls mes doigts continuaient de jouer une mélodie continue, un bruit de fond masqué par le ton élevé de certains. Par exemple la voix de cet habitué, un homme de taille moyenne, très moyenne dont le visage était marqué par la fatigue, mais l'énergie qu'il dégageait allait en contradiction avec cette apparence. Il parlait de femmes en riant très fort, il ne semblait pas avoir besoin d'une grande quantité d'alcool pour parler, il était heureux . Avec ces grands yeux clairs cernés de noir. En face de lui, un client opportuniste, il ne venait dans le bar que lorsqu'il y avait des offres alléchantes, lui non plus n'était pas particulièrement grand, très typé maghrébin. Il prenait un accent ridicule et parlait de choses peu intéressantes. Avec ce visage auquel on ne refuse rien. Lorsque je me suis retourné pour adresser un sourire à la barmaid, moyen simple de la remercier, je suis resté un peu plus longtemps à l'observer. Une très charmante personne, élégante et un peu mystérieuse, le service finit on pouvait la voir assez absente, parfois vide et triste. Avec ces yeux doux comme la lune. En me retournant je remarqua la présence inhabituelle d'un homme sur un tabouret du comptoir. Vêtu d'un T-shirt gris et d'un pantalon en toile bleue marine, coiffé simplement de cheveux d'un brun commun rabattus au peigne , il inspirait la simplicité. Le dos vouté et le regard vide, il griffonnait sur un bout de bloc note tout en se retournant de temps en temps, comme si son esprit le réinvestissait pour qu'il soit conscient de ce qu'il l'entour le temps de quelques secondes. Je sentais que sa solitude le frustrait, bien qu'il semblait confortablement installé dans son coma. Avec cette solitude qui ressemble à la mienne.

La soirée continuait, je n'ai plus fait attention à personne jusqu'à l'arrivée tardive d'un duo surprenant. Deux hommes, que je situerais dans la même tranche d'âge que la mienne, l'un aux cheveux noirs plaqués de gel en arrière, couvrant ses oreilles et le haut de son crâne. Bien habillé de couleurs neutres , comme conforme à tout. L'autre semblait être un pur habitant des Cévennes, cheveux courts coiffés en brosse, gilet vert foncé sur un pull hivernal en tenue de chasseur. Il est arrivé légèrement alcoolisé, heureusement son ami le soutenait. Dans cet état la je devinais qu'ils ne venaient pas boire, l'homme seul sur son tabouret raya et réécrivit. Tandis que les derniers individus présents se rassemblaient sur une grande table ronde. Je les entendais parler à voix basse maintenant:

"On est pas tous là !? s'exclama le client opportuniste.

Le plus sobre des deux derniers arrivé fit un grand sourire, me regarda

-C'est sur que vous l'auriez reconnu s'il n'avait pas arrêté de dessiner... Lucas tu viens te joindre à nous ?

Je sursauta, mes phalanges se paralysèrent. Il me connaissent ? D'un coup la mémoire me revint, mais alors... La porte d'entré du bar grinça, le bonhomme assis sur son tabouret allait s'en aller, je le reteins:

"C'est toi .. Pierre-Antoine ?"

Plus un bruit. Il rangea le bloc note dans une large poche de son pantalon. Ces yeux se levèrent au même niveau que les miens et il me fixa avec le regard le plus triste du monde. Continua de pousser la porte puis s'en alla...
Voila une vingtaine d'année que l'on ne s'était plus vu, tous. Mais P-A c'était différent, il nous avait quitté plus vite. Alors qu'on était encore tous ensemble, au lycée il me semble, il est parti aux vacances d'été 2010 et fut absent toute l'année de terminale. Ceci m'avait marqué comme la perte, même la mort d'un ami mais aussi comme la fin de mon envie de dessiner. Je m'étais effectivement rabattu sur la musique, un art que je trouvais alors plus noble que le dessin, qui n'est que pure masturbation visuelle instantanée.

# Posté le vendredi 09 octobre 2009 14:11

Modifié le lundi 02 novembre 2009 13:32

les soldats

Les soldats,

Si vous allez tuer des gens, les mitrailler d'acier et leur manger les organes, alors n'oubliez pas vos petits sucres.
Je peux vous en donner, moi c'est Lucas, passez nous voir moi et tous mes amis : Fifi, Riri et Loulou. Aussi nous vous donnerons du sucre et vous serrez content pour pas nous tuer, parce que c'est pas bien. Aussi j'éspère que vous vous ennuyez pas trop la que vous êtes. Aussi mangez bien et attrapez pas froid.

Bisous Lucas
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# Posté le vendredi 25 septembre 2009 17:36